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 Call me your personal Jesus ▬ Speed' & As'

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MessageSujet: Call me your personal Jesus ▬ Speed' & As'   Mer 17 Sep - 17:11




« Wherever we go, we are gold. To the end of the road

Je sortais de l’une de ces baraques guindées, fraichement revigoré. Il n’était pas dans mes habitudes de quitter un cocon si douillet, mais j’avais malheureusement d’autres choses à régler au plus vite, des éléments dont je me garde de faire part à mon hôte. Il y avait bien des choses en ce monde que je ne pouvais divulguer, des choses du passé, mais également du présent et probablement de l’avenir. Je n’étais pas foncièrement une personne honnête, mais l’on me jugeait bien souvent digne de confiance. J’étais d’un altruisme débordant, cependant je l’exprimais d’une façon un peu trop… Assassine diriez vous, sans jeu de mots. J’aime les gens, je les aime un peu trop. Je crois que j’aime bien plus que ces gens m’aiment que moi je ne les aime, mais nous partirons sur un débat des plus compliqués qui soit. Le sens même de la pensée, je pense que l’on n’y songe pas suffisamment. L’on se contente de penser, sans cesse. L’on pense à tout bout de champ, mais quand pensons-nous pourquoi nous pensons ainsi ? Je n’ai pas la prétention d’être psychiatre. Je prétends savoir penser.

Fier de cette vertu. J’avais enfilé sur mes épaules cette chemise en satin bariolé avant de m’éclipser par la porte. Je ne sais pas vraiment quelle heure nous sommes, probablement est-ce au milieu de la nuit. Je regrette presque de ne pas rester un peu plus longtemps à l’intérieur. J’ai piqué un bon roupillon et si seulement je n’avais pas à ce point de la culpabilité à laisser mon husky seul et sans petit déjeuner de délicieuse croquettes dont il raffole tant, probablement aurais-je rebroussé chemin. Mais quand l’on a des responsabilités vis à vis de quelqu’un, ou d’un animal. L’on se tient à ses engagements. Ce genre de maison me rappelle mon ancienne vie, la maison de maman et cette sensation atroce de ne faire partie de sa famille. Elle avait refait sa vie, j’avais mis du temps à refaire la mienne. Je me persuadais à être ce que ses yeux voyaient de moi, je me persuadais d’être un monstre. Puis je l’ai été. J’ai compris que pour me trouver, il me fallait me perdre. Et parfois, j’ai peur que pour me retrouver, il me faille me perdre de nouveau.

Quoi qu’il en soit, c’est au détour d’une ruelle que j’aperçois son ombre. Elle avait la silhouette enfermée dans un sweet-shirt trop grand, mais je devinais bien ses courbes qui étaient féminines. Je m’approche, je ne fais pas de bruit. Loin de là l’idée de la surprendre, seulement je ne vois aucun intérêt à venir en hurlant histoire de l’affoler. Mais voila, alors que je me perds à contempler son art ; la peinture fraiche qui donnait à cette maison un air plus heureux. Elle serait désormais la maison taguée, la maison de l’art dans un quartier de banalité. Elle s’arrête, elle me regarde. On se regarde, c’est presque un peu trop intense. Le moment ne dure que quelques secondes, je suis là. Je lui fais face. J’espère ne pas l’apeurer. Je pense qu’elle sait s’attendre à se faire surprendre. Je ne sais pas si elle compte prendre la fuite, j’espère que non. Après tout, elle ne pourrait pas aller bien loin. A moins de savoir grimper aux murs et dans ces cas là je pensais alors être bien trop âgé pour la suivre. Enfin, j’étais une personne sportive, un ancien mafieux qui avait connu plus haut que ce mur qui barrait le fond de la ruelle. J’avais juste une flemme comme jamais. Puis, pourquoi devrais-je la poursuivre ? Pour lui assurer que je ne lui veux pas de mal ? Si je ne cours pas après, alors elle saura tout autant que je n’avais aucune intention de lui nuire.

Je me contente de sourire, je vois à peine les traits de son visage à la faible lueur du lampadaire ; une lampe torche patiente au sol et je croise les bras devant mon torse viril après m’être joyeusement grattouillé le menton. « Salut. » Balançais-je alors, j’aimerais bien qu’elle réagisse. Elle se comporte comme une biche prise dans les phares d’une voiture. Une bien belle biche songeais-je alors. Ouais, j’aime penser qu’elle est aussi belle que son œuvre, je me demande alors comment mettre à profit un tel talent. Je m’estime peu chanceux de n’avoir aucune baraque en ma possession à lui proposer pour l’expression de son art. Je n’ai que mon van… Alors, l’idée se mit à fleurir gaiement dans mon esprit… Quelle plénitude. Allé ma biche, dis moi quelque chose. Je n'attendais que toi.
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MessageSujet: Re: Call me your personal Jesus ▬ Speed' & As'   Jeu 18 Sep - 19:54



Il y a ces jours où le vent tourne. Où le doute abat son As. Ces journées où on a l'impression que les autres vous ternissent le soleil et mutilent les nuages. Aujourd'hui est de ces journées là. Et Speedy les déteste autant qu'elle les aime.
Il y a ce souffle dans l'air, qui dit l'Art, qui dit la vie. Qui dit aussi larmes et ténèbres. Qui dit autant souffrance que bonheur. Qui dit ferme ta gueule un peu. Pense et oublie.
Les murmures du vent qui disent l'Art.
Elle les écoute, les prends, les colle sur le mur. Sa bombe n'est plus bombe. C'est la voix du monde. Les yeux du ciel. Non ce n'est pas du bleu que tu vois. C'est la voix du vent, qui lui a dit à elle, instrument de l'Art, que le bleu efface le doute. Alors ce soir elle écoute juste. Et traduit. Mots. Couleur. Nuit. Et silence.

Ce soir, Jim c'est plus Jim. Elle est Speedy. Instrument de l'Art comme elle se plaît à s'appeler. Calstery, ville de l'Art. Sauf que Calstery n'est pas elle. Et elle n'est pas Calstery. Alors elle peint. Tague. Graphe. Elle fait juste ce qu'elle sait faire de mieux pour exister. Speed' n'a jamais prétendu faire de l'Art. Elle sait juste qu'elle fait partie de ce monde. Où là musique à son langage et où la peinture n'est pas qu'un tas de couleurs informes.

La nuit est noire. Ce mur est laid. Ce quartier l'est d'ailleurs. Speed' n'est pas le genre de fille réceptrice à tous les types d'Art. Et cette maison est trop moderne, elle n'écoute pas l'Art, elle écoute l'artiste. Mauvais choix.
Ce mur est laid. Speed' est de mauvaise humeur. La suite est inévitable.
Elle ne sait pas pourquoi elle est là. Elle s'en fou royalement d'ailleurs. C'était pour retrouver Kaya à l'origine, elle n'est rien venu chercher à Calstery. Elle ne sait pas vraiment si elle est bien ici, et à vrai dire, elle s'en fou. Et elle erre ,cette nuit comme toutes les autres depuis qu'elle est arrivée. Princesse des graffs. Reine des murs.

Jean troué. Baskets délavées par le soleil. Sweet-shirt trop grand. Elle est de ces gens qui emmerdent le monde. Les gens. Qui n'ont rien a faire du regard des autres. Speedy ne regarde pas le mur. Elle y pose juste ce qu'elle entend dans l'air. Elle y donne juste un peu, beaucoup même, d'elle. Mais Speed' n'est pas elle sans Jim. Comme Jim n'est pas elle sans Speedy. Elle est deux, et elle est un. C'est un peu étrange et assez fort à la fois. Non pas schizophrène. Elle est comme tout le monde. Il y a cette partie d'elle qu'elle n'a pas choisie, et l'autre qui emmerde le destin. Alors pour ne pas se trahir elle même, c'est la bombe noire qui signe Jim sur l'oeuvre de Speedy. « Aucune récompense éternelle ne viendra nous pardonner d'avoir gâché l' aube. ». Jim Morrison. Une fois de plus et pas la dernière. Juste pour dire qu'elle ne renie pas la partie d'elle qu'on ne choisi pas. Jim c'est son nom. Son chanteur préféré, celui qui inspire ses pas. C'est son passé aussi, son père. Et l'avenir... l'avenir elle s'en tape.

Et puis elle sent enfin ce regard dans son dos. La nuit lui a apporté public à ses dérivations nocturnes. Elle se retourne, regarde le perturbateur. Jauge. Juge. C'est une connerie de dire « ne jugez pas sans connaître ». Tout le monde juge, c'est comme ça. Speed' à l'habitude des gens qui crient en général, enfin dans son ancienne ville. Ça a tendance à l'énerver. Même si elle a l'habitude. Merde, ce mur est moche non ? Au-delà de tout sens artistique, faudrait quand même que les gens comprennent qu'un mur c'est moche et que ça ne sert pas à grand chose. Sauf pour Speedy évidemment. Les murs ne sont pas obstacles. Jamais. Ils ont juste besoin que quelqu'un qui leur donne un peu d'âme. Elle les ouvre. Leur donne un peu d'elle. Juste un peu.
Elle regarde l'homme qui la contemple entière : Speed' et ses graffs, c'est elle en entier. Essaye de voir si lui aussi est un mur ou s'il est déjà peint. Elle ne sait pas trop à vrai dire, il fait sombre. La silhouette est imprécise, s'avance un peu à la lumière jaune du lampadaire. Les yeux. C'est ce qu'on voit en premier. Et après la barbe peut être. Courir encore ? Terminer le travail ? C'est le second qui l'emporte. Après tout, salutation et sourire ne font pas très agressif. « 'soir. ». C'est pas la première fois qu'on la regarde. C'est pas la première fois qu'elle voit de l'intérêt dans les yeux de quelqu'un fasse à ses graffs. C'est juste la première fois que quelqu'un regarde, prends ce qu'elle donne, et la ferme sans commenter. Elle hésite un peu. Se retourne vers le mur, appuie sur la bombe, laisse une trace de peinture noire sur mur de béton. Rien a carrer de ce mec. On finit et après on discute. Ou alors on finit, et après on court. Tout dépend de lui. Tout dépend d'elle. Speedy termine et range ses bombes de peinture, ramasse sa lampe. Elle ne regarde pas l'oeuvre. Pas la peine d'admirer ou juste de regarder. Elle sait ce qu'elle a donné ce soir. Elle sait ce qu'elle a écrit. « Tu veux quelque chose peut être? ». Elle n'y va pas par quatre chemin la Speedy. Elle se fiche de comment il s'appelle, de qui il est, de pourquoi il se laisse pousser la barbe. Tout ce qu'elle veut savoir c'est ce qu'il veut. Parce qu'il est pas là à cause du destin lui non plus. Quand elle graffe, ya pas de destin qui tienne.
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MessageSujet: Re: Call me your personal Jesus ▬ Speed' & As'   Ven 19 Sep - 19:00




« Wherever we go, we are gold. To the end of the road

Elle réagit enfin, elle bouge. Elle peint. Du moins, c’est la sensation qu’elle me donne. Je ne la dérange pas, elle ne me dérange pas. Nous continuions comme si nous étions seuls. Je regarde son ombre ; je regarde son adresse. Elle est tout aussi artistique par ses gestes, mais mon regard azuré est bien plus intéressé par ce qu’elle fait de cette maison. Ce mur si triste, comblé de joie. Je vois de la lumière sur sa brique, je vois de l’émotion. Il perd son froid. Vif de joyeuses couleurs, de formes énigmatiques. Certains regards les voient comme des insultes, ils n’y connaissent rien. Je n’avais pas la prétention d’être un grand connaisseur, je savais apprécier. Je savais reconnaître la beauté, je savais comme nos yeux peuvent-être papillon. Elle danse, j’en ai la sensation. Elle me donnerait presque le tournis. La peinture si immense, si détaillée et pourtant si brut. Je ne sais pas s’il s’agit de minutie ou de pur hasard. Peut-être les deux, peut-être d’une inspiration trop soudaine. L’on s’offre la magie de concevoir les choses comme on l’entend. L’on se donne tout simplement les clés de notre imagination. Probablement ma pensée était autre que celle de cette jeune femme, et je n’avais aucun désir de connaître ce qu’elle ressentait à le peindre. Je pensais alors, que cela ne ferait que gâcher mes propres émois. Si grand mur, tu perds son cœur de pierre.

Elle a fini, du moins c’est la sensation que j’ai. Pas un dernier flot. Elle n’a plus rien à donner. Je ne sais pas si l’on peut donner plus, je suppose que oui. Mon imagination est grande, mais je suis dépourvu de son talent. Je me contente d’observer. Mes yeux peuvent voir et si tout le monde prétend en être capable ; ils se trompent. Ils n’étaient que de pauvres fous aveugles. Et moi, dans mon narcissisme, je me plaçais au dessus de leur regard sans la moindre culpabilité. Pourquoi m’en voudrais-je de leur être supérieur, je les aimais tout autant qu’ils me soient petits ou non. Mes pensées, elles me gardent de la folie. Ou la cultive. Je ne sais pas, je me dis seulement qu’à l’état de pensées elles ne peuvent blesser personne, les actes me sont trop violents. Agir, m’est parfois d’une difficulté sans nom, bouleversé par mes émotions qui m’empoissonnent. Je sais que je dois les affronter, tout simplement.

Je ne la regarde pas, j’ai presque oublié cette biche. Elle est à coté, et moi je regarde. Nous regardons. Enfin, non. Elle me regarde. Je ne suis pas un tableau. Je ne suis pas une œuvre. Je suis juste moi. Je suis moi, différent des autres. Peut-être pas meilleur, mais bien plus différent que les autres encore. Elle ne me connaît pas, je ne sais pas qui elle est. J’aime cette situation entre deux personnes inconnues ; un moment de test. Un moment où l’on apprend de la compatibilité avec son prochain. Elle me sort de mes songes, elle me parle. Ma biche, ta voix n’est pas aussi mélodieuse que je l’aurais voulu, qu’importa car ta beauté primitive comble mes yeux. Il ne sait pas qu’elle âge elle a, probablement faisait-elle plus jeune que son âge. Je m’en fou. Je l’observe, elle me demande si je veux quelque chose. « Peut-être… » Lâchais-je pensif. Pourtant, je ne suis pas du genre à laisser trainer les choses. Je suis seulement un chaman mystique, et mes pensées parfois dépassent l’entendement de l’humanité. Je me retrouve dans tes yeux, elle n’a pas de nom. Ce n’est pas important, elle est un animal de couleur. Je ne sais pas laquelle exactement, peut-être le bleu. Oui, ma bleue.

« C’est très inspirant… » Ajoutais-je. Je ne sais pas si elle comprendrait. Elle n’a peut être pas idée de ce qu’elle fait, pourtant je peux lire son intelligence démesurée.  Ce que je voulais, difficile à définir. Face à cela, j’avais le sentiment de désirer bien plus de choses que je ne pourrais jamais posséder. Je suis peut-être un homme trop sensible, bien assez sensible pour tuer quelqu’un. Illogique direz vous ? Parce que vous n’avez pas idée de la réelle sensibilité. Ce que je voulais alors, je ne savais pas ce qui était plus important que l’autre. Je ne prends pourtant pas le temps de m’égarer dans mes divagations, je sais que je peux être lassant pour ceux qui ne peuvent me comprendre. Pour ceux, qui ne savent pas savourer le temps en ne faisant que courir après. Là n’était pas la solution. Le temps ne se rattrape pas, l’on s’en profite. Longuement, avec ferveur et passion. C’était bien le problème de nos nouvelles générations. J’avais la sensation d’être vieux, je ne pouvais dire que je ressemblais à mon père. Je ne savais qui il était. Probablement un homme sage, un homme qui ne voulait pas voler le temps à sa vie pour un marmot répugnant. Un homme sage à sa façon, je voyais la lumière alors qu’il était mon ombre.

« Ouais… C’est toi que je veux. » J’ai l’air d’un illuminé, peut-être allait-elle me prendre pour un ours pervers. Je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre, en fait ; je n’y songe pas vraiment. Je n’aime pas anticiper les réactions des autres. J’adore me laisser surprendre. Je la veux, pour mes idées. J’aime cette façon qu’elle a de me servir de muse. De muse pour mes pensées. Je ne sais pas si elle peut le comprendre, elle parlait avec le dédain d’un bonhomme. Elle perdait sa grâce ma biche, qu’importe. Elle l’était pour moi. Et moi, j’étais dans un univers étrange, je piochais de part et d’autre dans ce monde les merveilles pour les graver dans ma mémoire. Je me disais qu’un jour peut-être, le monde puisse être aussi fabuleux que celui que j’espérais. Un monde où jamais plus personne ne vivrait ce que j’ai subi.

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MessageSujet: Re: Call me your personal Jesus ▬ Speed' & As'   Mar 23 Sep - 20:36



Devenir folle. Voir rouge. Et vert. Avec du jaune aussi. Boire sûrement. Fumer beaucoup. Baiser aussi. Aimer encore. Pleurer parfois. Et dormir après. Il y a tout ça sur ce mur. Et encore sûrement d'autres choses. Il y a tout ça dans les yeux de Speedy. Dans ses gestes. Sa façon de regarder les gens en les fixant sans aucune gêne. En prenant le temps de juger. De passer sans que personne en l'intéresse vraiment. Sans que personne ne retienne son attention, ne mérite son intérêt. C'est pas du dédain. Pas de la suffisance. C'est Speedy. Et qui que tu sois, elle en a rien à carrer de ta vie.

La nuit à posé son manteau sur Calstery. Avec ses ombres et ses sombres. Ils sont seuls dans cette rue. Avec le bruit régulier du souffle de peinture laquée sur le béton. Encore fraîche. Encore brut. Qui teinte la nuit d'un souffle artistique étrange. Pourquoi ce soir? Pourquoi ce mur? Elle n'en sait rien. S'en fou. Elle marche à l'instinct. Sans vraiment se demander pourquoi les choses sont. Speed' en se considère pas vraiment comme une artiste ou comme un talent. Elle a horreur des cases. Autant que des chemins. Elle en veut rentrer dans aucune, parce que l'Art n'a pas de case ni de limites. Elle aime juste l'odeur de la peinture. Le son de la bombe. Les couleurs. Les murs. Elle aime juste donner d'elle. Donner un coeur à la pierre. Et quand c'est fini, écouter le coeur battre. Se dire qu'il en sert à rien. Qu'il est juste là, peint, tagué, graffé, appelez ça comme vous voulez, et que c'est ainsi que ça devait être. Qu'il l'attendait. Elle.

Et puis il y a lui. Qui regarde son mur battre. Qui apprends ce qu'elle est sans vraiment le savoir. Il regarde son mur et elle le regarde. Il laisse ses pensées s'échapper un peu. Ses mots résonnent. Graves. Elle sourit quand elle perçoit ce petit éclair de surprise, ou de déception fugace quand il réalise le passage de Speedy à Jim. Sans vraiment le comprendre il a saisit. Que Speedy est reine des murs. Qu'elle danse avec sa peinture. Qu'elle en sait pas ce qu'elle fait et qu'elle n'en a rien a foutre. Elle fait juste. A l'instinct. Et que quand elle revient à Jim, il y a quelque chose qui se ternit un peu. Mais le génie ne peut l'être tout le temps. L'artiste est artiste quand l'inspiration l'habite. Elle n'est Speedy que dans ses moments de folle liberté. Le reste du temps elle est Jim. Même si Speed' n'est jamais loin. On est tous ces pauvres cons d'êtres humains. Qui parfois trouvent encore au fond d'eux, un peu de ciel pour rendre le monde beau. Elle est juste une parmis d'autres, qui a trouvé comment traduire le vent. Comment ouvrir le ciel. Il regarde son mur et c'est comme s'il la regardait. Elle se sent nue. Transparente.

Fou. Ou peut être illuminé. Carismatique. Et barbu. Voilà ce qu'elle pense quand elle le voit. Quand elle l'entend parler. A la lumière jaunâtre et désagréable de ce putain de lampadaire. A vrai dire, ce qu'il lui dit en lui fait ni chaud ni froid. Elle émet son jugement. Et puis c'est tout. Ça en lui fait pas plaisir d'être désirée. Peut importe de quelle façon. Et ça en lui déplaît pas non plus. Il la veut elle. Sauf que elle, c'est beaucoup de chose. Il doit avoir des folies nocturnes pour vouloir un art. Pour vouloir une pensée. Elle rit. Avec son rire un peu érayé. Pas forcément des plus jolis, la faute à dame clope et à lady mary sûrement. “Moi? Ou cette partie là de moi?”. Sa tête s'incline vers le mur battant, gelé de bleu et saignant de rouge. Il ne la veut pas elle. Juste une partie. Il veut Speedy. Pas Jim. Ça la fait rire. Non elle n'est pas schyzophrène. N'a pas de dédoublement de personnalité. Elle fait juste une distinction entre celle qu'elle est de fait, et celle qu'elle choisit d'être. C'est différent. Seulement la plupart des gens en font pas la distinction.

Elle songe à partir. A courir vers n'importe où comme elle le fait tous les soirs. Sauf que ce soir est différent. Et elle aime ça. Ça l'inspire. La porte. Et puis elle n'a nulpart où aller. Personne à rejoindre. Lui il est là et il la regarde. Il attends. Sûrement qu'elle dise quelque chose de plus. Ou qu'elle parte en hurlant devant un taré. Sauf que ce soir est différent. Et si le destin à décidé de la faire suivre une routine, elle en a décidé autrement. Cette homme n'est pas la route du destin, ça c'est certain. Alors fuck, rester ici à l'air bien plus marrant que d'aller s'enterrer dans un champ. Elle s'en retourne, va chercher son sac collé contre le mur. Sa main caresse les strilles laquées. Réflexe. Pas encore sec. Sa main est rouge et bleue maintenant. Et noir, là sur le pouce. Elle entend son coeur battre au même rythme que la peinture. Elle sourit, satisfaite. Pleine d'un vide qui comble ses doutes, ses peurs, ses douleurs. Elle lui a donné tout ça au mur. Maintenant elle est bien. Pleine de vide. Jusqu'à demain. Sac sur l'épaule, cheveux en bataille, peinture sur les mains, et sur son jean qui en à pris un coup aussi. Elle se rapproche. Juste sous le lampadaire. Elle en se retournera plus maintenant. Plus rien à donner ici. “On va où?”. Le on est facultatif. C'est “allons ailleurs qu'ici, ou je vais ailleurs qu'ici, qu'importe c'est pareil”. Elle n'attends pas vraiment de réponse. Nul-part. Ailleurs. Rien à battre en fait. Mais pas ici.
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MessageSujet: Re: Call me your personal Jesus ▬ Speed' & As'   Jeu 25 Sep - 10:30




« Wherever we go, we are gold. To the end of the road

Je la regarde, j’apprécie toujours ces moments. Le moment où l’on regarde l’autre. On l’observe. On pense. L’on se forme un avis, des préjugés peut-être. On peut appeler cela comme on veut. Mais l’on imagine la personne comme on la désire. Je la veux franche, je la veux unique et brillante. Je la veux douce et rebelle, je la veux lunatique. Je me demande de quelle façon elle me désire. Peut-être me désirait-elle loin d’elle. Qu’elle me ailleurs, partout où je veux. Mais pas ici. Pas avec elle. Moi, je la désire avec moi. Pas pour toujours, pas pour longtemps. Je la veux ce soir. Je la veux la nuit et le matin. Je veux sa danse. Celle de ses bras qui peignent, celle de son corps qui ondule. J’ai l’habitude d’avoir tout ce que je veux, parce qu’un désir ça se partage. Pour l’avoir, elle doit en avoir envie. Elle doit penser que je suis viril et parfait pour elle. Parfait pour une fois. Parfait pour me suivre, jusqu’au matin. Je n’y vais pas par quatre chemins, j’exprime mon désir d’elle. Je ne mens pas. Je pense qu’elle peut choisir de s’en aller. Mais elle ne fait rien. Elle semble surprise. Ou plutôt septique. Elle veut savoir ce que je veux d’elle. C’est sa façon de me le demander. De se dissocier de son art ; comme s’il était un être à part entière qui s’appropriait son corps parfois pour s’exprimer. Elle ne comprend donc pas qui elle est. J’aimerais l’aider. Mais ce soir, je suis accaparé par mes propres volontés. J’ai envie d’être égoïste. C’est plus fort que moi. Peut-être l’aiderais-je. Un autre jour. A condition de partager ce désir de nouveau, un nouveau désir. Le désir d’aider, celui d’être aidé.

« Pourquoi choisir ? » Moi aussi, je réponds par une question. On ne se répond pas directement. L’on se répond à coup de réflexion. On se pousse mutuellement à la pensée. J’apprécie son art de me parler. Elle ne s’en rend probablement pas compte. Tout cela est si inconscient. Elle illumine ma nuit. Un peu plus encore de merveille. L’air frais dans mes poumons, elle le remplit de mes rêves et gonfle mon poitrail de grandeur. Elle pensait peut-être que j’aurais une préférence pour la bête artistique, mais la cage qui la contenait m’intéressait tout autant. Elle me ressemble alors. Je peux la comprendre. Je ne sais pas si elle en a conscience. Moi aussi, je renferme un monstre quelque part en moi. Un monstre de violence et de crimes.

Elle s’approche de moi, son sac sur son épaule. Elle me demande le chemin. « Il n’y a pas de destination, juste des chemins. » On se trace nos routes, l’on se perd, se retrouve. Ma réponse est vague ; pourtant. Je lui propose ma main. Je lui propose de la prendre, je suis plus âgé. Probablement beaucoup trop. Je n’aime pas pensé que le temps avant lui aussi, il construit sa route, mais la sienne est ennuyante. L’autoroute du temps, elle ne prend aucun virage. Elle va droit en enfer. C’est la route la plus ennuyante qui existe, alors j’ai décidé un jour ; de l’ignorer. Elle peut refuser de la prendre, cette main que je lui adressée de tout un amour divin, de rester coincé sur cette autoroute du temps. « Viens avec moi, cela n’engage à rien. Si ce n’est sortir des sentiers pour une fois, de voir au-delà de la barrière de l’horizon. » Sortir des conventions. Sortir de la réalité. L’on a peur de sortir des rues, peur des fossés. Peur de ne pouvoir retourner sur les chemins par la suite. De rester là, à courir à travers champs. Sans les autres. D’un temps de solitude. Mais il ne fallait point avoir peur. J’étais son guide. Je le serais, jusqu’au matin. Je l’avais décidé pour elle. Elle n’avait qu’à me suivre. Aveuglement. Si elle le voulait. Seul la peur serait son obstacle, un cap à franchir. Je la désire téméraire. Je la désire pleine d’audace.

Je ne connais pas son nom. Je m’en fiche. Je n’ai pas envie de le savoir pour l’instant et je ne veux pas qu’elle sache le mien. Je veux juste la tenir par la main. Je veux que nous marchions un quart d’heure durant. Peut-être bien plus longtemps alors. Peut-être en parlant. Peut-être en savourant le silence de la nature. Puis nous arriverons au camp, avec la satisfaction de tout ce chemin effectué. Je voulais passer par là, peut-être préférerait-elle par ici. L’important, ce n’est pas d’arriver. Mais une fois que cela serait fait, je lui présenterais la taule de ma demeure. Je lui demanderais alors d’en faire ce qu’elle en voudrait. Et moi, je voudrais faire d’elle ce que j’en voulais. J’avais des désirs, mais ils étaient amovibles. Ma volonté peut basculer, d’une seconde à l’autre. Je suis l’instable. Je suis moi. Le chemin m’enchantait. Je l’espérais riche. Je savais que dans sa main, cela ne saurait être pauvre. J’attends alors. Je n’attends finalement pas grand-chose d’elle. Prend ma main. Livres-toi ce soir, à l’inconnu. Je suis l’inconnu. Je suis parfait pour toi, si tu décides d’ouvrir tes yeux sur mon monde. Appelles moi comme tu le voudras.


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MessageSujet: Re: Call me your personal Jesus ▬ Speed' & As'   Lun 29 Sep - 22:18



Vous savez il y a ses moments un peu étranges. De ceux qui n'ont pas l'air réels. Speed' a soif. Soif de vivre encore. De faire n'importe quoi. Soif d'être libre. De baiser encore avec n'importe qui. De hurler qu'elle fait ce qu'elle veut où elle veut. Elle est assoiffée d'une soif intarrisable. Elle est de celle qui en redemandent encore et encore. Elle s'en fou. De vous. D'eux. Elle a fait pleins d'erreurs, qui la marquent, qui lui pèsent encore. Qui lui disent de ralentir toujours. Mais Speedy en ralenti pas. Jamais. Elle court encore, inlassablement. Et même ses erreurs, ses déchirures, même les fumées et les alcools ne peuvent pas l'en empêcher.

Elle le regarde. Elle cherche un peu. Juge. Contemple surtout. Speed' n'est pas du genre méfiante. Ni même très prudente. Elle n'a pas besoin de ça. Elle est libre. Indépendante. Rien en pourra jamais changer ça. Speed' n'aime pas vraiment qu'on la regarde peindre. Elle n'est pas spécialement pudique, ni réservée, ni rien de tout ça. Mais quand elle peint elle se sent vulnérable. Fragile. La regarder peindre c'est s'introduire plus loin que sa vie privée. Et c'est désagréable en général. Elle a apprit à s'en foutre maintenant. Qu'il la regarde. Qu'il aime. Qu'il la désire. Qu'il déteste. Rien à branler. C'est comme ça qu'elle voit les choses, et en général, ça simplifie grandement la vie. De l'Art. Ou de la peinture d'enfant. Du gribouillage. Ou des tagues de génie. Elle s'en fiche. C'est ce qu'elle aime, et l'avis des autres lui importent assez peu sur ce poitn là comme sur beaucoup d'autres. C'est pas toujours bon de fonctionner comme ça. Mais on en choisi pas toujours qui on est au fond. Speed' n'a pas choisi d'être Jim. Mais c'est ce qu'elle est.

Sa question lui arrache un sourire. Elle le voit Pensée. Pensées par milliers. Qui offre des questions sans attendre de réponse. Pourquoi choisir? Parce qu'elle aime ça pardoxallement. En général, choisir rime avec renonçer. Speed' adore ça. Elle renonce, choisi, part dans une direction et fini toujours par trouver une traverse qui lui permet de choisir à nouveau. L'autre destination. Il est là et il vient lui donner une nouvelle peinture. Une nouvelle inspuration. Avec ses mots, ses peu de mots qui courent dans le silence de la rue. Et ses pensées, qu'elle sent sans les comprendre, qui ont l'air de danser dans la nuit. Il lui offre un coeur pour un autre mur. Elle n'a plus qu'a donner le battement ensuite. Et pour ça, pour ça elle glisse sa main dans la sienne, croise ses doigts dans les siens. Il donne le coeur, elle n'a plus qu'a faire battre un nouveau mur. Fuck les murs. La pierre peut vivre. Et il lui offre la possibilité de le faire. Encore une fois.

Speed' n'est pas le genre à hésiter longtemps. Entre la bonne voie certaine et la voie de l'inconnu, elle a vite fait son choix. Et un fuck au destin gagne toujours. Il l'entraîne dans sa marche. Avec le son de la nuit. Et le monde devant eux. Elle se sent reine. Reine ce soir. Comme elle l'est tous les soirs depuis le jour où elle a appuyé sur une putain de bombe de peinture. Une bombe rouge. Rouge sanguine. Elle sent les mots qui dansent dans sa tête. Elle sent mi revenir. Bousculer un peu la Speedy. Lui rappeler qu'elle est Jim. Pour toujours. Sa voix se fait murmure. Un petit chant qui trouble la nuit. La voix de Speedy n'est pas mélodieuse non, mais elle s'accorde sans problème avec du rock. Et c'est Jim Morrison et les Doors qui lui soufflent les mots ce soir. L'air de dire, Jim est toujours là.

Take the highway to the end of the night,
End of the night, end of the night.
Take a journey to the bright midnight,
End of the night, end of the night.

Realms of bliss, realms of light,
Some are born to sweet delight,
Some are born to the endless night,
End of the night, end of the night,
End of the night, end of the night.


Oui ce soir elle part en voyage au bour de la nuit. Et elle a trouvé son guide. Barbu. Décontenançant. Et surtout inspiration.
Speed' s'est trop cassée à force de donner de l'importance aux gens, aux faits. Maintenant elle s'en fiche. Elle s'extrait. Et si quelque chose ou quelqu'un la touche, elle court le mettre sur un mur pour s'en foutre à nouveau. Illusion. Réalité. Elle n'en sait rien. S'en fiche. Pour l'instant ça marche plutôt bien. Elle le regarde. Sa façon de marcher. Et de penser aussi. De poser un regard sur les choses. Elle savoure la sensation. D'une dépendance libre. D'avoir choisi de prendre cette main et de suivre la volonté d'un autre. Fou. Et elle folle. De se sentir si libre de cette dépendance choisie. D'être comme une enfant. Avec des ailes et du sang en plus. C'est le lot de chacun ça. Faut juste savoir comment en faire quelque chose. Speed' fait battre les mur avec. Et c'est ce qui compte.
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MessageSujet: Re: Call me your personal Jesus ▬ Speed' & As'   Dim 5 Oct - 12:57




« Wherever we go, we are gold. To the end of the road


Elle choisit de prendre ma main. Je n’irais pas dire que cela me gonfla de joie, de plaisir. Parce que je n’aurais pas été déçu qu’elle me refuse. Je ne suis pas étonné ou je n’avais point envisagé que sa réponse à mon geste serait évidente. Je me contentais d’accepter sa réponse, de vivre cet instant tout simplement. Alors, je tenais sa main au creux de la mienne. Ma jolie biche aux yeux émerveillés. Non n’étions pas normal, mais qu’est-ce que cela pourrait bien y faire ? Nos doigts se mêlent, comme si nous nous connaissions. Elle peut-être n’importe qui. Ce soir, quelle importance son nom ? Je n’en avais aucune utilité. Elle saurait où je vis, et quand le cœur lui en dirait de me voir, elle saura me trouver. Je suis allé la chercher, elle viendra me retrouver. C’est la logique des choses. Si le cœur nous en dit. Parce qu’il n’y a aucune contrainte qui en vaille la peine. Nous marchions, en direction de la mort de cette rue. La fin de cette ville. Un paysage qui se meurt. Fabriqué par l’homme. Loin de sa nature, des paysages transformés. Rien n’est plus comme avant, pour le peu que l’homme ait posé son pied quelque part. Des terres souillées. Je sais que le camp ne vaut pas mieux, mais d’une certaines façon, c’est bien moins pire. Elle chante. Sa voix n’est pas la plus belle que j’eu entendue, d’ailleurs j’ai envie de dire que certaines notes sont assez limite. Mais elle chante, j’aime bien la savoir dans cet état d’esprit. Alors je ne dis rien. Que dire ? Elle est un rossignol malade.

Je ne parle pas, je tiens juste sa main. Nous marchons. Je ne sais pas si elle a deviné la destination. Je connais des routes biens plus longues pour y arriver. Les champs s’étendent devant nous et nos pas se taisent sur le gazon. Nous coupons à travers champs. Nos pas suivent finalement le rythme de sa voix. Elle décide de cette façon de notre intensité et moi je décide de la direction. Je trouve que l’on se partage bien ce chemin. J’aime encore me laisser surprendre par la course d’un lièvre qui croise notre route, puis je lève les yeux vers cette lune qui réchauffe notre nuit de sa lumière si pâle. Oh, tu es si belle. Que penses-tu de la terre. Bien sur, je sais qu’un caillou ne pense pas. Cependant, l’on associe bien souvent la Lune aux âmes voguant dans l’au delà et les étoiles, tous ces êtres qui nous sont si chers. Une façon de ne pas les oublier. Moi, je ne l’oublie pas. Elle est avec moi. Pour toujours. Ma sœur, mon amante. Elles sont deux personnes différentes, mais leur mort les ramène à moi. Je suis la cause de leur disparition, elles m’appartiennent d’une certaine façon. J’aurais voulu que non. J’aurais voulu que cela n’est jamais eut lieu. Puis je me dis, que si j’en suis arrivé là, c’était que ça devait arriver. Je devais le faire.

Nous arrivons. Les caravanes se dessinent et je n’ai rien dit du voyage. J’ai pensé. Je me sens libéré. Mes sens sont ouverts à la personne de cette artiste. Je la regarde enfin, elle a chanté tout le long. Je souris enfin. Je pose mon doigt sur ses lèvres. Je découvre comme elles sont douces et je me sens pris d’une violente envie dévorante d’y gouter. Je m’abstiens pourtant, tant bien que mal. « Shtt… » Conseillais-je, je n’avais pas la crainte de réveiller mes voisins. D’ailleurs, je doutais qu’ils dorment. Cependant, dans cette caravane que nous approchions ; un peu à l’égard. Vivait cette vieille femme qui mourrait. Je songeais alors inutile de troubler le calme de son isolement. Accompagner la vie jusqu’à la mort. Nous passions alors sans bruit, nous marchions sur les graviers des allées entre les camarades. Vint à nos oreilles le bruit des guitares et des petits tam-tams ; tandis que notre odorat percevait l’odeur de l’herbe fraichement coupée dans les jardins. Je saluais d’un bref signe de main, ce gamin étendu au sol dans l’étroit chemin, il riait en regardant les étoiles. Que la paix gagne son âme. Puisqu’il semblait heureux, j’enjambais son corps et invitai ma petite accompagnatrice à en faire de même.

Nous arrivons devant la caravane. Mon husky redressa les oreilles dans sa cabane et se leva en reniflant l’odeur de mon invitée. L’on s’arrête devant mon van de couleurs bien tristes. « Je me sens vide quand je le vois. » Confiais-je alors toujours aussi évasif. Pourtant, lorsque je la regarde, je me sens plein d’émois. J’aimerais regarder ce van, de façon qu’il me subjugue comme elle le fait de sa personne. Il sera Le van de son art. Qu’elle y mette un peu de son éclat, quitte à en perdre de sa personne. Je m’en fou. Elle peut me donner une part d’elle, j’en prendrais soin. Mon chien rôde autour de nous, puis décide de s’asseoir à coté de moi, j’ai l’impression qu’il n’aime pas quand je m’éloigne. Pourtant, je reviendrais toujours à lui. Il est mon ami. Probablement sa nature animale le rendait-il méfiant. « Ce n’est qu’une boite métallique, comme les autres… »


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MessageSujet: Re: Call me your personal Jesus ▬ Speed' & As'   Dim 19 Oct - 15:37



Sa main dans la sienne lui apparait normale. Presque familière, instinct. Elle le sent à ses côtés. Comme une autre liberté qui prend la clef des champs. Elle entend juste son souffle. Imagine l'objet de son regard. Il est une pensée vivante. Un ours philosophe. Il est un nouveau souffle. Une nouvelle couleur. Un nouveau point sur la carte. Un endroit qui n'existait pas et qui apparait maintenant. Comme un refuge de plus. Comme une évidence. Un doute en moins. Une certitude de plus.
Speed' vit l'instant. Avec la facilité de celle qui n'a pas peur. Qui aime l'inconnu. Qui aime les chemins de traverse. Elle vit l'instant comme un cadeau. Elle en oublie ce qu'il y avait avant Calstery. Elle recommence. Une nouvelle Jim. Plus folle. Plus libre. Plus rapide encore. Plus Speedy. C'est la fin de la nuit. Le début de l'obscurité. La mort du jour et l'éclat de le la lumière qui naît.

Le silence a pris le relais quand ils arrivent près des caravanes. Elle sourit devant le dépouillement. Le silence. Et pourtant la vie assourdissante qui s'en dégage. Elle imagine les matins tous différents. Tous similaires. Les nuits de solitude où la vie n'a jamais eu autant de sens. Elle se plaît à voir ce qui n'existe que dans sa tête. Inspiration et souffle. La petite machine qui ne s'arrête jamais dans sa tête. Qui broie ses sentiments. Qui arrache ses pensées. Qui piétine ses souvenirs. Un souffle qui lui arrache tout ça comme on s'arrache la peau, pour les coller, les offrir, aux murs. Pour être Speed simplement. Elle aime ce sentiments de vivre les choses, et de savoir que tôt ou tard, elle se fera violence et inspiration pour les arracher à elle et les offrir en holocauste de peinture et d'instants, sur le bois, le béton, la pierre. Sur les murs, les trottoirs, les toits.

Son doigt sur sa lèvre lui fait l'effet d'une promesse. A peine perceptible. De celui qui promet qu'il y aura un instant, un souvenir, plus tard. Celui qui promet qu'elle aura encore de quoi se faire mal pour offrir aux murs. Ils s'avancent et elle le suit. Comme l'amoureuse de l'inattendu qu'elle est. Comme l'aventurière qui n'a pas besoin de carte, juste d'une piste à suivre, d'un animal pour la guider. Il est sauvage quelque peu. Penseur. Fascinant d'une couleur nouvelle dans sa vie. Il est son guide ce soir.

Elle voit le chien. Sourit en pensant au compagnon de ses journées. Et puis sa voix qui trouble encore la nuit. Qui est limpide. Sans virages. "C'est toujours triste, quand un coeur ne bat pas". Elle penche la tête sur le côté. Laisse le vent lui caresser le visage. Elle laisse la lune briller sur le van. Lui donner la tonalité. Et puis elle lâche sa main. S'approche de la caisse de tôle. Caresse les pans métalliques usés par les années. Elle pense. A ce qu'elle peut lui offrir ce soir. Le battement Speed' certes. Elle peut lui offrir un rythme, a ce coeur de tôle en léthargie. Elle peut le réveiller certes. Il faut juste qu'elle décide du battement. Qu'elle choisisse le rythme. Speedy se retourne. Cherche ses yeux. Cherche encore la promesse de son doigt sur ses lèvres. La promesse d'un nouvel instant. Oui elle va lui donner un instant d'elle. Un morceau de ce qu'elle est. Parce qu'il y a cette promesse qu'il lui offrira un nouvel instant.
Elle quitte la carcasse métallique et revient vers son propriétaire. Le chien remue la queue à ses pieds, elle lui caresse la tête. Et puis elle penche la tête sur le côté. Comme a chaque fois qu'elle s'apprête à taguer. Sa main se pose sur le coeur de son guide cette nuit. Maintenant c'est elle qui mène la danse. Le tague, le graphe. Tout est une question de rythme. De pulsation. Alors sa main enregistre les battements de son coeur. Pour donner un nouveau souffle à ce van. Un souffle Speed', qui bat pour lui à un son rythme.

La bombe se fait membre de son corps. Elle le veut Pensées ce van. Elle le veux écho de ses pensées par milliers qui hurlent derrière les yeux de son compagnon. Elle le veut comme eux ce van. Sauvage, libre et unique. Elle le veut comme ce chien. Loup et refuge. Elle le veut sous-sol du Ciel ce van. Elle pense à son père. A ce toxico complètement déglingué amoureux d'une SDF. Qui n'était même plus vraiment vivant à la fin. Qui ne vivait plus que grâce au rythme de sa fille. Elle le voit un peu comme ça. Bourru. Et amoureux ce van. Elle voit ce van amoureux d'une vie qui elle non plus n'a pas de domicile fixe. ça sera beau. Et ça fera mal ce van. Ciel. Et sang. Les deux premières traces de peintures brûlent la tôle d'une sinusoïde bleue et rouge.
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